Visualizing Lubartworld est la vitrine d’un travail de plusieurs années de recherche mené par les équipes du projet Lubartworld – porté par le CNRS et l’EHESS. Cette expérience, sans doute la plus poussée et la plus storyboardée qu’il ait été donné à WeDoData de réaliser, a été conçue pour plonger les utilisateur.ices dans le parcours tumultueux des habitant·es de Lubartów, un village de Pologne, tout au long du XXᵉ siècle. Une histoire qui résonne tristement avec notre époque, marquée par la montée des intolérances, et qu’il nous a tenu à cœur de relater.
Les datavisualisations intégrées aux différents chapitres, aussi travaillées et fluides soient elles, ne restent que des abstractions statistiques auxquelles nous souhaitions ajouter une dimensions plus humaine, concrète, pour incarner le récit. L’accent a donc été mis sur la personnification de l’expérience, avec des noms et des visages qui permettent de raconter des trajectoires individuelles se déroulant en parallèle de la grande histoire. Des photos, documents d’archive et graphes de réseau sont ainsi disséminés au cours du parcours pour illustrer l’humain et les relations entre les personnes.
Les deux échelles, micro et macro, sont intégrées tout au long du récit pour illustrer l’imbrication entre les mouvements globaux et les destins individuels, souvent tragiques. Ainsi, tout au long de l’expérience Visualizing Lubartworld, les trajectoires de Rojza Goldfingier et de nombreuses personnes de son entourrage rendent plus tangibles les événements relatés, en plus de tisser un lien entre les trois chapitres.
À l’heure du choix des représentations graphiques à adopter, la question suivante s’est posée aux équipes de WeDoData : Comment permettre de représenter les statistiques d’une population décimée, celles d’une diaspora de survivants, en figurant à la fois l’ampleur de la tragédie, et l’unicité de chaque personne et de chaque destin ?
Si un Sankey horizontal a un temps été envisagé, c’est finalement une représentation en nuage de points qui a été retenue. Une myriade de points pour que chacun des 3 700 citoyens juifs déportés, assassinés ou, plus rarement, rescapés puisse être symbolisé. Des visualisations comme une carte de Lubartów ou encore un graphe de réseau ponctuent l’expérience pour illustrer les interactions entre habitants de ce village polonais. La dernière partie de l’expérience s’attachant à montrer le devenir de ceux qui ont pu échapper à un destin tragique, l’utilisation d’un globe 3D a permis de représenter sous forme d’arcs les trajectoires parfois lointaines et au quatre coins du monde des exilés.
La grande particularité de ce projet réside dans son format : le scrollytelling. Chaque “scroll” déclenche une animation qui correspond à un moment de l’histoire, à un fait marquant. De ce fait, la définition du déroulé de l’expérience représente un vrai défi narratif, mené main dans la main avec les équipes du projet Lubartworld pour aboutir à un scénario parfaitement orchestré. Dès lors, l’intégralité du déroulé des trois chapitres a fait l’objet d’un “storyboarding” minutieux afin que chaque mouvement, chaque fait révélé arrive au moment opportun et apporte une véritable plus-value à l’expérience.
Côté technique, l’utilisation de la librairie D3js et de données très détaillées a demandé un gros travail d’optimisation des performances (nombreux tests, choix de technologies, agrégation des données…) pour rendre l’expérience aussi fluide que possible, sur desktop comme sur mobile.



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